Pas de diète pour le marché de l’huile

Eric Vigean est dégustateur officiel au Salon de l’agriculture qui se tient de 3 au 11 mars. Héritier d’une huilerie familiale dans le Berry, il a su l’adapter aux modes, à coups de productions bio riches en omega 3.

Alors, ces volailles ? Sont-elles découpées suivant les règles de l’art ? Et ces foies gras…sont-ils beaux ? Samedi matin, les jurés du concours générale agricole envahiront le hall 8 du parc des Expositions de la porte de Versailles à Paris. Eric Vigean prendra place à la table des dégustateurs d’huile. Dix ans qu’il répète le rituel : jauger les productions des confrères "pour vérifier que l’on suit la bonne tendance". Errer un peu avant de regagner la gare d’Austerlitz, Châteauroux puis Clion-sur-Indre. Et retrouver, dans l’huilerie familiale, la vieille meule de pierre, broyeuse de cerneaux de noix depuis trois générations. Aujourd’hui encore, les petits producteurs voisins viennent y livrer leur récolte du 1er décembre à la mi-janvier.

Philippe, le père d’Eric, s’est "lancé dans le bio il y a trente-cinq ans". Il a érigé son patronyme en marque et fidélisé les boutiques spécialisées où ses huiles sont distribuées. Le fils, 40 ans, tâche d’être attentif aux recherches scientifiques comme aux best-sellers de nutritionnistes qui font l’air du temps. "Il y a trente ans, tout le monde ne jurait que par le tournesol, se souvient Eric Vigean. Depuis cinq ans, le marché veut des omégas 3. D’où le succès de l’huile de colza."
"Pour renforcer le caractère diététique de leur assaisonnements, les consommateurs réclament de plus en plus d’huiles composées, note Eric Vigean. Il plébiscitent par exemple notre mélange olive-sésame-pépin de courge-colza." Les snobs et les gourmets préféreront des préparations plus rare, à base d’oeilette (pavot), de cameline, de chanvre, de carthame(chardon).

Chaque recette a ses "bénéfices santé". Les 20 salariés de la maison Vigean produisent aussi de l’huile de lin "pour les pays où c’est autorisé", comme le Canada. Les bons de commande de l’étranger -Belgique, Suisse, Pologne, Allemagne, Corée du Sud "et quelques épiceries fines américaines" – assurent d’ailleurs 20% du chiffre d’affaires (6,5 millions d’euros l’an dernier, soit 1% du marché français). De petites fioles attirent l’oeil? Sur les étiquettes : amande douce, argan, bourrage, onagre. "ces huiles sont destinées à un usage externe", précise Eric Vigean avant d’ajouter : "Ce marché n’est pas ma priorité. Même si ce sont des produits que l’on peut vendre bien plus cher que les huiles alimentaires, je ne peux pas tout faire."
Surtout, il n’est pas très attiré par l’univers des cosmétiques. Lui que seul le goût guide se serait bien vu vigneron.

 
Source : le Parisien, 26 février 2007 –
Article de Mathieu Deslandes

Les deux facettes de l’huilerie Vigean

L’huile produite par l’huilerie Vigean, à Clion-sur-Indre, est un fleuron des produits gastronomiques régionaux, encore médaillée au salon de l’Agriculture 2007.

Côté pile c’est l’huilerie Philippe Vigean, située au lieu-dit Sainte-Théodore, à Clion-sur-Indre, autrement dit à l’entrée de Clion en venant de Châtillon sur la D943. Une boutique aux multiples produits installée au coeur de l’huilerie, avec un parfum indéfinissable d’arômes mélangés, et de multiples produits, en majeure partie biologique.
Côté face, c’est toujours l’huilerie Vigean, mais "Vigean,pêche,compétition", dans un hangar derrière l’usine. C’est le domaine des pêcheurs de toutes catégories. Friture ou gros poissons, le coin des spécialistes, et ils sont nombreux. Là aussi, flotte une odeur à faire saliver…un poisson ! Normal, c’est ici que l’on s’approvisionne en amorces pour les appâter. L’endroit est plus discret, mais pour un pêcheur, un bon coin, ça doit être discret, quand on le cherche, on le trouve. Les pancartes y aident également !

80 ans d’âge

Saga familiale que cette huilerie, installée à Clion depuis près de 80 ans, travaillant au départ la noisette et la noix, récoltées par les producteurs de la région. En artisan ingénieux, le grand-père, André Vigean, chauffait son atelier avec des coquilles de noix apportées sur un tapis roulant : sur un feu continu en quelques sorte.
Son fils Philippe continua la tradition familiale en s’intéressant très tôt à l’agriculture biologique, dont il fût un précurseur, et en s’opposant à l’agriculture industrielle, afin de mettre sur le marché des produits de qualité irréprochable et notamment en misant sur la technique de la pression à froid pour produire de l’huile de haute qualité.
Son fils Eric devait continuer dans cette voie en s’installant à l’entrée de Clion pour être plus large et bénéficier d’un accès facile afin de développer une gamme de produits basés sur l’huile et ses dérivés.

Vive la pêche

Un des employés, pêcheur confirmé, Jean-Louis Hillaire, connaissait l’intérêt de préparer des boules d’appâts pour le poisson à partir des déchets de l’huilerie, les tourteaux, traditionnellement réutilisés dans l’alimentation animale. Il a contribué à la création d’un atelier qui produit près de 140 articles commercialisés sous l’appellation "Vigean, pêche, compétition"
Produire est une chose, vendre en est une autre. Le maître artisan huilier de Clion (c’est un titre officiel) sait aussi se transformer en commercial pour promouvoir ses produits. On le rencontre au Salon de l’agriculteur en tant que dégustateur officiel d’huile d’olive. Il y présente ses produits depuis 1998 et a rapporté cette année, pour la 5ième année consécutive, une médaille d’argent pour son huile de noix. Il fait parler rgulièrement de son entreprise dans les médias locaux, mais aussi nationaux (Le Parisien, Valeurs actuelles…), enfin, il édite des plaquettes expliquant l’art et la manière de choisir ses huiles en fonction de leur utilisation (cuisine, friture, âge du comsommateur, diététique), bref le nom de l’huilerie Vigean est présent sur tous les fronts!
Enfin, même si les produits sont disponibles dans "toutes les bonnes maisons", il convient de rappeler que la boutique de Clion est ouverte du lundi au vendredi de 8 heures à 12 heureset de 13h30 à 17 heures. En août, la boutique n’ouvre pas le samedi, mais reste ouverte tous les autres jours de la semaine.
Pour les pêcheurs les dates d’ouverture sont calquées sur le rythme de leur loisir prédéré : du 1er mars au 15 septembre du lundi au vendredi inclus.

Extrait : La Renaissance Lochoise , du 11 au 17 avril 2007

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