Médecine tibétaine “Tisanes SORIG “


La médecine tibétaine compte parmi les systèmes médicaux les plus anciens du monde, pratiqués de façon ininterrompue jusqu’à nos jours. Elle combine les expériences des arts de guérir tibétain, de la tradition Bön, de la science médicale indienne, l’ Ayurvéda, et de la médecine chinoise. Les enseignements de la médecine tibétaine ont été compilés dès le huitième siècle sous une forme systématique. Elle est enseignée aujourd’hui sur la base de l’ouvrage magistral intitulé «Gyüshi» – autrement dit Les Quatre Tantras de médecine – composé au 12e siècle. La médecine tibétaine recense 84 000 maladies et cite 2293 ingrédients pour la fabrication des remèdes.
Au dix septième siècle, la médecine tibétaine traditionnelle atteignit son apogée classique. Sa Sainteté le cinquième Dalaï-Lama, qui fit construire le palais du Potala, fonda l’Institut médical Chakpori à Lhassa. Son régent, Sangye Gyamtso, révisa le «Gyüshi» dont il publia sous le nom de “Béryl bleu” un commentaire devenu célèbre. Il fit en outre exécuter 79 tableaux illustrant son commentaire : les Thangkas de médecine. Ces tableaux et le “Béryl bleu” constituent aujourd’hui avec le Gyüshi les ouvrages fondamentaux utilisés pour la formation des médecins.
En 1916, Sa Sainteté le treizième Dalaï-Lama fonda à Lhassa la seconde école de médecine et d’astrologie, le Men-Tsee-Khang, institution ouverte aux moines comme aux laïcs. La formation dispensée par cette école fut axée sur l’application pratique de l’enseignement médical.
La pratique de la médecine tibétaine n’est pas restreinte au Tibet mais s’étend à la Mongolie, à la Chine, aux régions bouddhistes de la Russie telle la Bouriatie sibérienne ainsi qu’à l’Asie centrale, au Népal, au Sikkim, au Bhoutan et au Ladakh. Dans l’empire russe du dix neuvième siècle, la réputation d’efficacité de la médecine tibétaine atteignit même la cour du tsar à Saint-Pétersbourg. Des médecins tibétains originaires de Bouriatie y fondèrent une clinique.

Après l’annexion du Tibet par les Chinois en 1959 et la fuite des nombreux tibétains qui choisirent l’exil, une somme importante de savoir médical tibétain passa en Occident. En 1961, Sa Sainteté le quatorzième Dalaï-Lama Tenzin Gyatso fonda à Dharamsala en Inde un Institut de médecine tibétaine, le “Tibetan Medical and Astrological Institute” TMAI (ou Men-Tsee-Khang en langue tibétaine). On y enseigne et on y développe aujourd’hui la médecine tibétaine en exil. L’Institut Chakpori, fondé par la suite à Kalimpong en Inde, forme également des médecins.
Sa Sainteté le quatorzième Dalaï-Lama s’engage périodiquement en profondeur pour le développement de la médecine tibétaine et son ancrage en Occident. Lors du Premier Congrès international de Médecine Tibétaine organisé à Washington D.C. en novembre 1998, Sa Sainteté s’est déclarée partisane d’une entente entre la médecine occidentale et la médecine orientale: “Notre système médical vieux de plusieurs millénaires peut aujourd’hui contribuer de manière décisive à préserver un esprit sain et un organisme sain. L’efficacité de nos plantes médicinales doit toutefois être pleinement comprise. À cet effet, nous avons besoin de programmes d’études rigoureux, car nos mélanges de plantes doivent résister à une analyse critique”.

La médecine tibétaine proprement dite

La médecine tibétaine vise à équilibrer les forces agissant dans l’organisme. Le fondement philosophique de la médecine tibétaine se rattache à l’enseignement bouddhiste établissant l’ignorance comme source de toutes les maladies. Dans la vision médicale tibétaine, la maladie naît de l’action des trois «toxines» psychiques que sont la haine, l’ignorance et le désir égoïste. Ces «toxines» ont un lien direct avec les trois énergies somatiques centrales appelées aussi principes somatiques centraux : la bile, le mucus et le vent. Soit, en tibétain «Badkan», «Tripa» et «Lung». Ces termes ne doivent pas être compris dans leur signification habituelle. Ils caractérisent plutôt des états et des formes déterminés. C’est ainsi que la bile se manifeste sous forme de chaleur dans l’organisme, le mucus sous forme de liquide et le vent sous forme de mouvement. Dans un organisme en bonne santé, ces trois principes somatiques sont en équilibre.
Tout comme l’organisme humain tout entier, les trois principes somatiques sont formés des cinq éléments terre, eau, feu, air et espace. Ces cinq éléments sont responsables de la vitalité du psychisme et de l’organisme. L’équilibre harmonieux entre les principes somatiques, donc notre santé, dépend de l’état psychique. Dans un organisme en bonne santé, les principes somatiques sont en équilibre. Une rupture de l’harmonie existant au plan psychique a pour conséquence un déséquilibre énergétique et se manifeste en fin de compte sous forme de maladie au plan somatique. Les méthodes propres à maintenir l’équilibre des trois principes somatiques constituent le fondement de la médecine tibétaine. Notre santé est également influencée par notre comportement, notamment sur le plan alimentaire, ainsi que par l’environnement et les conditions climatiques. Par exemple, conformément aux propriétés de l’élément “air”, l’énergie du vent augmente dans l’organisme lorsqu’on se trouve dans un endroit sec et venteux. L’énergie de la bile se concentre dans les endroits secs et chauds. Dans les régions aux saisons humides, suffocantes de chaleur ou froides, en revanche, c’est l’énergie du mucus qui augmente.
De surcroît, en médecine tibétaine, le goût joue un rôle primordial. Il est responsable d’une partie de l’effet thérapeutique puisque c’est grâce à lui que l’on distingue six propriétés: le sucré, l’acide, le salé, l’amer, l’épicé et l’âpre. C’est pourquoi les médicaments et les mélanges tibétains de plantes à infuser ont la plupart du temps un goût marqué.

Conseils alimentaires et comportementaux
Dans la conception médicale tibétaine, de nombreuses maladies sont dues à des erreurs alimentaires ou à un mode de vie erroné. Une adaptation de l’alimentation et du comportement constitue par conséquent le premier pas vers la guérison.
Délivrance de médicaments
Les remèdes sont prescrits lorsque le changement de comportement à lui seul ne suffit pas à l’obtention d’une amélioration de l’état du malade. En règle générale, les médicaments tibétains sont des mélanges composés essentiellement de substances végétales. On y trouve aussi, cependant, des constituants animaux et minéraux. Leur efficacité repose sur une combinaison d’éléments associés selon un système précis excluant les effets indésirables dans la mesure du possible.

Le traitement a pour but de rétablir l’équilibre des éléments au sein du système humain en combattant la maladie à la racine. Le goût sert aux médecins tibétains à évaluer la qualité et l’efficacité d’une plante médicinale, puisque c’est le goût qui permet d’identifier les éléments contenus dans un remède donné.
En médecine tibétaine, le goût joue un rôle capital; il fait partie intégrante de l’action thérapeutique. On distingue six propriétés gustatives, le sucré, l’acide, le salé, l’amer, l’épicé, l’âpre que l’on trouve dans la nature combinées de diverses manières. C’est la raison pour laquelle les médicaments tibétains et les mélanges tibétains de plantes à infusion ont la plupart du temps un goût marqué.
Thérapies externes
Font partie des thérapies externes, entre autres, la moxibustion (un traitement thermique, les «moxas» concentrant un flux de chaleur sur des points précis de l’organisme agissant ainsi sur le flux énergétique et dissolvant les blocages), diverses formes de massage, les compresses, les bains de vapeur et les bains médicinaux.
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LE DIAGNOSTIC

Puisqu’en médecine tibétaine, l’essentiel du traitement consiste à harmoniser les principes somatiques déséquilibrés, le médecin pose d’abord des questions sur le comportement et l’alimentation du patient. Ses propositions quant à une éventuelle adaptation du comportement ou un changement de régime sont un élément important du traitement. Après interrogatoire, le médecin approfondit sa première impression en établissant un diagnostic par la langue et un diagnostic par l’urine. Il établit un diagnostic spécifique relatif à l’état énergétique général du patient et à l’état de ses différents organes en tâtant son pouls.
Le diagnostic par la prise du pouls
Il est considéré comme étant la méthode de diagnostic principale de la médecine tibétaine. C’est un art médical très complexe et extrêmement précis. Il faut plusieurs années d’apprentissage et un sérieux entraînement pour être en mesure de distinguer les nombreux types de pouls. Le médecin tâte en effet toute une série de pouls aux formes et aux caractéristiques très différentes. Ces différents pouls lui permettent de constater, entre autres choses, quel est l’organe malade et le type de maladie.
Observation et interrogatoire
Un autre élément important du diagnostic est l’observation et l’interrogatoire du patient. L’interrogatoire porte essentiellement sur les habitudes alimentaires et le mode de vie, ainsi que sur les soucis affectant le psychisme. L’observation fournit au médecin un portrait du patient selon la typologie des trois énergies somatiques, ce qui lui permet d’inclure dans son diagnostic ses prédispositions et inclinations.
Analyse de l’urine (en la goûtant et en observant son apparence), diagnostic iridologique ( examen de l’aspect de l’iris) et glossodiagnostic (examen de la langue) complètent les autres méthodes par leur apport spécifique d’informations.

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